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15 janvier 2020

Quelques pas de côtés pour découvrir les initiatives marquantes en 2019

Une des plus belles découvertes de l’année 2019 a été La Fabrique nomade  qui est née grâce à Ines Mesmar.

Ce projet associatif, fruit de son histoire familiale et de ce qu’elle a pu observer au quotidien, vient en réponse à la violence de la migration qui force non seulement des individus à quitter leur pays mais aussi, souvent, à abandonner un métier. Sa mère était brodeuse dans la médina de Tunis avant d’émigrer en France. Dans le nouveau chapitre de sa vie, elle a laissé dans l’ombre du passé, son savoir artisanal et une partie d’elle-même. Malheureusement, elle n’est pas une exception, loin de là. Partant de ce constat, Ines décide de fonder en 2016 La fabrique nomade qui œuvre depuis à valoriser et favoriser l’insertion professionnelle des artisans migrants et réfugiés en France. 

Des femmes et des hommes passionnés, dotés d’un savoir-faire acquis dans leur pays d’origine, rencontrent en France de nombreux freins à leur insertion professionnelle en tant qu’artisan (barrières socio-linguistiques, absence de réseaux, non reconnaissance de leurs qualifications, etc). qui rendent difficile voire impossible la poursuite de leurs métiers.  Au delà de la rupture du parcours professionnel il est aussi question ici d’estime de soi et de dignité

En faisant fi de ces compétences qui arrivent sur notre territoire, en incitant ces professionnels à renier leur ancien métier, la France se prive des savoir-faire de gens passionnés qui viendraient, si la chance leur était donnée, enrichir et métisser l’artisanat. La Fabrique nomade offre la possibilité à ces artisans d’exprimer tout leur talent et encourage les échanges entre les différentes disciplines de ce secteur et de celui du design.

La Fabrique nomade défend une forme nouvelle d’inclusion qui prend en compte la personne et son parcours professionnel, en identifiant ses compétences acquises et les possibilités d’adaptation et de transfert dans le contexte économique et culturel français.

Un travail qui permet à chaque artisan migrant de trouver sa juste place dans la société et de donner un nouveau sens à leur vie après l’exil.

Crédits photo : @lafabriquenomade

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Notre deuxième pas de côté est une excursion en campagne avec Les Petites Routes, la « petite agence de communication d’humeur champêtre » de Laurence Guilloud et Fabrice Le Dantec installée à Noyers-sur-Serein dans l’Yonne.

Au fil des articles de leur blog, on y rencontre Alizée et Yoann, artisans itinérants, Madame Tisslaine et sa mercerie, Aurélie et Emmanuel, des boulangers bio ou Julie et ses fleurs séchées.

Parcours de vie courageux, touchants. Ceux qui ont fait de tels choix ont préféré les sentiers aux grandes avenues, vivent cachés, vivent heureux dans une temporalité qui les extrait des rythmes effrénés de notre folle société.

La mise en lumière poétique de ces vies rappelle le travail de Depardon ou les planches de Davedeau

Il émane des mots et des photos qui témoignent de ces vies singulières, un grand soin, un grand respect. L’ensemble du contenu des Petites Routes, que ce soit sur Instagram ou sur leur blog plonge dans un grand calme teinté de douce nostalgie.

Les petites routes nous offrent la possibilité de sillonner une France discrète où vieilles enseignes fermées côtoient des entreprises nouvelles. 

Cette initiative qui respire le grand air, nous inspire, nous qui avons fait le choix d’installer Kreamondo, à Forcalquier, petite ville de 5000 habitants dans les Alpes de haute Provence, un coin de garrigue entre la Durance et la Montagne de Lure qui a tant à offrir. 

Crédits photo : @lespetitesroutes

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Terminons notre périple par une pause pour les papilles au Refettorio à Paris.

Massimo Bottura et Lara Guilmore sont à l’origine de ce restaurant social installé dans les foyers de l’église de la Madeleine.

L’objectif était double, sensibiliser les locaux au gaspillage alimentaire et favoriser l’inclusion sociale. Un véritable succès ! Le restaurant à ouvert en mars 2018 et depuis la crypte ne désemplit pas. Les invités du Refettorio sont des sans-abris ou migrants, hommes, femmes et familles dans la précarité. 100 repas du soir sont servis du lundi au vendredi, l’accueil et le service sont assurés par des bénévoles. L’opération a tellement de succès qu’il existe même une liste d’attente du bénévolat !

La coopération de trois structures a été nécessaire pour mener à bien le projet : Food for soul, l’association de Massimo Bottura qui lutte contre le gaspillage alimentaire, le Foyer de la Madeleine, un restaurant associatif chrétien et Voyageurs du monde, une agence du monde qui agit en faveur d’un tourisme responsable et durable.

La nourriture provient de Carrefour, la banque alimentaire, Metro ou encore Phénix, une start-up qui lutte contre le gaspillage alimentaire. Successivement, de grands chefs français ou internationaux se relaient aux fourneaux du Refettorio.

Et le lieu est aussi beau que le menu est bon ! Grâce à la collaboration avec des artistes, des architectes et des designers, les porteurs du projet ont conçu un espace chaleureux et accueillant. 

 

Crédits photo : @lerefettorio

Nous vous souhaitons une belle année 2020 ! Que se poursuivent et se construisent cette année d’aussi belles initiatives !

 

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