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01 septembre 2020

Prune Thibeaut, tisserande : un regard moderne sur un art ancestral

Rencontre à Strasbourg avec Prune Thibeaut, designer graphique récemment convertie au métier de tisserande. Un regard moderne et design sur un métier ancestral

Atelier de Prune Thibeaut

C’est dans son appartement, situé dans une grande maison strasbourgeoise, que Prune a décidé d’installer son atelier. Une décoration épurée pour une ambiance douce et concentrée se dégage de cette grande pièce éclairée par un lampadaire design où nous retrouvons d’ailleurs ses premières créations : tapisseries suspendues, tote bags et tableaux.

Prune nous explique qui lui a fallu peu de moyens pour commencer sa nouvelle activité : 

Prune Thibeaut, tisserande« Quand tu veux débuter, même pour le plaisir, tu peux le faire avec un bout de carton”. En effet, il est possible de tisser sans métier à tisser à partir d’un morceau de bois et d’un fil !

En revanche, si l’on souhaite évoluer vers des ouvrages plus complexes, un matériel bien particulier s’impose, comme un métier à tisser ! Un équipement imposant et pas évident à se procurer… Heureusement Prune a dégoté son métier à tisser chez sa formatrice. Elle s’est également équipée d’un cadre à tisser et d’un ourdissoir. L’ourdissoir est l’outil qui permet de dévider les bobines de fil, prêtes à être utilisées sur un métier à tisser. 

L'ourdissoir dans l'atelier de Prune

C’est accroché à son mur que l’on retrouve l’ourdissoir accompagné du cadre. Tandis que son grand bureau porte le métier à tisser, avec son cahier et crayon pour préparer ses cordages textiles.

Nous avons eu la chance d’observer Prune lors d’une session de tissage ! Une vidéo IGTV est à retrouver sur notre Instagram.

“C’est toujours beaucoup de plaisir de couper la chaîne quand l’ouvrage est fini. C’est le meilleur moment…”

Prune Thibeaut, tisserande

Son expertise, c’était le design graphique, désormais c’est le métier à tisser qui l’anime…

Designer de formation, diplômée en 2016 d’un DNSEP à l’ÉSAD Orléans, elle s’est spécialisée dans le print et plus précisément l’édition. Un premier élan dans le secteur artistique avec un univers créatif et imaginatif riche. Mais très vite, Prune ne trouve plus grand plaisir à passer la plupart de son temps derrière des logiciels tels qu’Illustrator ou Photoshop pour y développer brochures, flyers, cartes de visite, chartes graphiques, mises en page ou encore faire de la retouche d’images.

C’est pourquoi, à ses heures perdues, la jeune designer commence à tisser ses propres coussins, par plaisir du travail manuel. Jusqu’au jour où le déclic apparaît et qu’elle comprend que passer sa vie derrière son ordinateur ne fait plus sens. Elle aspire à un mode de vie plus tranquille, inspiré par le mouvement slowlife et confirmé par les actualités mondiales !

Suspens dans l'atelier de PrunePetit à petit, Prune se prend au jeu de tisser régulièrement des objets de décoration le soir, devant sa télé, jusqu’à ce qu’elle se décide : elle veut devenir tisserande. Elle se rend donc chez Betty Briand à Chinon pour suivre une formation en “ARTissage”. Cette école de Tissage enseigne l’art et les techniques du tissage artisanal

Prune n’était surement pas prête à se replonger dans les mathématiques. Et pourtant, cette formation intensive d’une semaine l’oblige à se remettre aux maths. Le métier de tisserand demande une certaine suite logique en fonction de la taille de l’objet à réaliser et du fil utilisé. Prune doit donc effectuer un calcul des fils de chaîne en multipliant la longueur du tissu, l’embuvage, la marge, le nombre de fils, prenant en compte la largeur, pour pouvoir monter sa chaîne. Un vrai casse-tête !

Fil de chaîne dans l'atelier de Prune

Pour tisser, Prune prépare son métier à tisser en montant la chaîne : elle positionne un fil de trame, placé dans le sens de la largeur, et son opposé est le fil de chaîne disposé dans la longueur. C’est l’entrecroisement de ces deux fils qui donne un tissu. Sur le métier à tisser, le fil de trame est enroulé sur une bobine disposée dans une navette. Cette navette doit être glissée entre les fils de chaîne en levant le cadre. Ensuite il faut appuyer contre la trame précédente avec le battant, donc le peigne, pour former la bande de tissu.

Prune Thibeaut, tisserande

Cela fait maintenant presqu’un an que Prune s’est reconvertie. Elle créée des objets de décoration en suspens, des pochettes, des coussins et des tapis, des objets colorés, et sans surprise…aux motifs très design ! Bref, on adore !

Vous aurez peut-être la chance de découvrir ses créations sur les marchés artisanaux de la région strasbourgeoise… En attendant, nous vous invitons à découvrir sa collection sur Kreamondo !

Retrouvez le profil Kreamondo de Prune Thibeaut juste ici (et ses créations) !

 

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