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27 août 2019

Moderniser l’art de la porcelaine avec Sasha Wardell, Corrèze, France

Pionnière dans la porcelaine phosphatique, Sasha Wardell a su innover par son approche, en explorant et repoussant les limites de son art. L’artiste réalise chacune de ses créations en employant des techniques qu’elle a développées tout au long de sa carrière. Kreamondo a pu s’entretenir avec la créatrice afin de mieux comprendre ce qu’est la porcelaine phosphatique et ce qui l’a poussé à se consacrer à cet art.

© Sasha Wardell

Pourriez-vous nous parler un peu plus de votre parcours et de ce qui vous a attiré dans la céramique ?

La vie a tendance à vous diriger dans des directions improbables !

En prenant un peu de recul, cette règle peut être appliquée à de nombreuses étapes de ma carrière. Le premier moment « si j’avais » s’est produit lorsque j’étais encore au lycée, en train de préparer mon Baccalauréat. Alors que je m’imaginais étudier les langues afin de devenir secrétaire bilingue ou traductrice pour le parlement européen, un nouveau professeur d’art est arrivé dans mon lycée au cours de cette année là et m’a fait découvrir le monde méconnu à l’époque des faculté d’arts, des programmes de mécènes et des Beaux-arts !

Après m’être résolue à abandonner ma carrière dans les langues, j’ai fait une année d’intégration à Cambridge avant de commencer une licence en Graphisme à la Bath Academy of Art de Corsham. Ayant postulé pour des cours à Londres et Brighton, je me suis toujours demandée, « et si j’avais » poursuivi une licence en ville ? Cependant, la faculté de Corsham avait quelque chose d’idyllique, surtout dans les années 70.

Un autre tournant dans ma vie est apparu très rapidement ! Durant cette première année, j’ai réalisé que certes, j’étais au bon endroit, au bon moment, mais pas dans le bon cours. J’ai donc demandé à être transférée dans un cours de céramique où j’ai eu la chance de rencontrer un autre professeur qui m’a grandement inspiré, John Colbeck.

Durant mes premières années dans le monde de la céramique, j’ai eu l’opportunité de faire un échange Erasmus en France durant ma seconde année de fac. Avec du recul, le fait de combiner le français et la céramique a été un moment séminal qui a défini de nombreux choix de vie et ma manière de travailler.

© Sasha Wardell

Bien que basée en Angleterre, vous avez établi des liens très fort avec la France. Pourquoi avez-vous choisi d’y proposer vos cours ?

C’est durant la Biennale de la Porcelaine au musée Dubouché de Limoges, à laquelle j’avais été conviée par mon ancien professeur, que mon mari et moi avons choisi d’émigrer en France. Suite à notre emménagement, nous avons passé plus de 7 ans à proposer et organiser des cours, des stages, et à travailler en conjonction avec la porcelaine de Limoges.

Suite à ces années passées en France, une litanie de « et si » ont commencé à apparaître : et si je restais travailler en France, et si je poursuivais une nouvelle carrière dans la maçonnerie (ayant complété une formation au préalable), et si l’on vendait tout et on retournait au Royaume-Uni, ce qui, d’un point de vue professionnel, faisait sens. Nous avons donc opté pour la dernière option.

Ce n’est qu’en 2001 et avec l’intention de revenir en France que nous avons de nouveau acheté dans le village où nous avions vécu auparavant.  C’est là que nous avons commencé à répartir notre temps de travail entre la France et le Royaume-Uni, en me concentrant sur l’organisation de stages et la créations en porcelaine, tout en prodiguant des cours à mi-temps et même en faisant des traductions !

© Sasha Wardell

Y a-t-il des difficultés à moderniser un procédé ancien tel que la porcelaine phosphatique ? Pourriez-vous expliquer ses spécificités et ce qui la rend unique ?

La période passée à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs de Limoges m’a introduit au monde de la céramique et de la porcelaine industrielle. A l’époque, l’école d’arts formait des apprentis avec une approche à la fois traditionnelle et conventionnelle, ce qui m’a beaucoup plu.

A mon retour au Royaume-Uni en 1998, et après avoir travaillé quelques années dans la décoration de porcelaine phosphatique à l’aérographe, j’ai senti qu’une limite et une même une saturation technique avait été atteinte. J’ai donc commencé un cours à mi-temps sur 2 ans avec en tête l’une de mes préoccupations principales à l’époque, développer de nouvelles techniques de décoration visant à maximiser la qualité transparente de la porcelaine.

Je me suis donc inspirée de techniques employées dans la verrerie et notamment celles utilisées par les verriers de Murano. J’ai compris qu’elles pouvaient être adaptées à la porcelaine en utilisant des moules et la technique de coulage en multi-couches. Le fait que les qualités naturelles de la porcelaine soient mises en avant sans avoir le besoin de décorer à chaque sortie de four m’a beaucoup plus. Sa blancheur me permet d’ajouter de nombreuses couleurs tout en gardant et en combinant les propriétés transparente de la porcelaine. Cela fait d’elle un matériau parfait pour expérimenter avec les couleurs.

© Sasha Wardell

Sasha voyage dans le monde entier afin de partager son savoir-faire et ses techniques avec de nombreux céramistes. Retrouvez les dates de ses prochains événements, masterclass et expositions :

Octobre 2019 : Tour d’atelier en British Colombia, Canada
Novembre 2019 : Exposante à la galerie Bevere à Worcester, Royaume-Uni
Novembre 2019 : Masterclass à Kilkenny, Ireland
Mars 2020 : Exposition porcelaine à Le Don du Fel, Auvergne, France

Pour plus d’info, retrouvez Sasha Wardell sur Facebook, Instagram et Twitter.

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